Affaire corned Beff, encore un cas emblématique

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Affaire corned Beff, encore un cas emblématique

Message par admiRISKator le Ven 1 Fév - 17:05

"L’obscure affaire corned-beef

JM Guillery, 18-01-07

Que retiendront les consommateurs de la vague d’articles et reportages radio et TV qui les « informe » depuis le mardi 16 janvier, à coup de titres accrocheurs, de cette nouvelle affaire de viande en conserves impropre à la consommation humaine et dont le retrait de la vente est en cours depuis déjà plusieurs semaines ?

Et que peut-on retenir d’ailleurs de ce déversement confus de faits imprécis, incomplets, voire contradictoires sur fond de positions conflictuelles entre les acteurs, suivi dès le lendemain d’acrobatiques tentatives de communication ?

On peut penser que, globalement, cette nouvelle crise ne pourra – quoi qu’on dise sur la qualité des contrôles – que renforcer la méfiance des consommateurs vis à vis de l’alimentation industrielle. Venant après la vache folle, le poulet à la dioxine, les steaks hachés contaminés, les révélations de trafics et de fraudes sur les labels, la grippe aviaire…décidément, vive le bio et l’approvisionnement à la ferme !

L’avenir le dira, sachant que l’affaire corned-beef réserve sans doute encore quelques suites…

En attendant, en termes de gestion et communication de crise, on peut relever dans cette histoire quelques points qui méritent réflexion.

Doit-on le regretter ou s’en réjouir, la crise a débuté une fois de plus par une révélation médiatique. C’est Le Parisien qui, dans son édition du mardi 16 janvier, a annoncé que 650 000 boites de corned-beef préparées avec de la viande impropre à la consommation humaine (viande « avariée » disait le titre) avaient circulé en France et dans quatre pays européens (Irlande, Royaume-Uni, Grèce et Belgique). Et cela « entre août et novembre derniers » précisait le journal.
L’article débutait par cette phrase remarquable : « L’information avait jusque là été tenue secrète ». Pas de doute donc, chers lecteurs, nous sommes bien là en train de vous offrir une révélation !
Mais pourquoi, dès lors qu’une alerte sanitaire avec rappel avait été lancée en France par la DGAL le 15 décembre (suivie d’une alerte européenne le 21), comme on l’apprenait dans la suite de l’article ?
C’est que l’alerte en question n’avait pas été une alerte « grand public » (juste quelques affichettes sur les lieux de vente) et que le rappel des 650 000 boites n’était fait que « par précaution ». En effet, ont expliqué les services vétérinaires, « Il n’y avait pas, a priori, de danger de contamination microbienne du fait de la stérilisation et de la cuisson ». Une justification validée ensuite par l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), avec toutefois un bémol : « Si les quantités de microbes sont très importantes, la stérilisation ne suffit pas » (cf. le Monde du 17.01).
Mais pourquoi l’alerte européenne du 21 décembre avait-elle fait mention de « produits susceptibles d’être dangereux pour la santé humaine ». Aïe ! cette fois, pas d’explication.
Il serait pourtant souhaitable que les autorités sanitaires, à leurs différents niveaux, mettent dans ces affaires un peu de cohérence dans leur communication. Si l’on veut préserver la confiance…

Cela dit, dans ce cas, aurait-il été justifié de faire une alerte grand public avec annonce du rappel dans les médias ? N’aurait-on pas provoqué, par ce battage, d’inutiles craintes, voire un désolant pataquès comme celui que l’on venait de vivre avec l’interdiction des huîtres du bassin d’’Arcachon ?
On voit bien ici la question que cela pose : dès lors que l’on agit « par précaution » au bénéfice des consommateurs, peut-on le faire sans le dire – largement – aux consommateurs ?
On retrouve là une des nombreuses difficultés que pose l’application du désormais sacralisé Principe de précaution : jusqu’à quel point pousser la transparence qui logiquement devrait l’accompagner ? Pour quels bénéfices ? Et en acceptant quels risques ?
La question (elle devrait être franchement débattue) va loin, si l’on pense aussi aux aspects juridiques, ces affaires entraînant beaucoup de préjudices et de dommages…

Et l’affaire corned-beef comporte encore d’autres points passablement obscurs pour le public . Quelques exemples :
On apprenait par le Parisien (et les autorités confirmaient) que l’histoire avait commencé par un contrôle des services vétérinaires le 28 novembre dernier, mais que le rappel portait sur des « boîtes suspectes » commercialisés entre août et novembre. Bien entendu, cela s’explique, mais l’explication est loin d’être évidente pour un non-spécialiste.
De même pour le nombre de boîtes suspectes en question. Le 16 janvier, il s’agissait de 650 000, le 17 les médias parlaient d’1,2 million. Il faut saisir que la différence (550 000) porte sur des boîtes produites à la même période mais qui n’avaient pas encore été distribuées dans les magasins et ne faisaient donc pas partie du rappel.
Et la quantité de produits récupérée, via le rappel ? Dans son premier article (16-01), le Parisien notait : « Selon nos informations, 35% des lots incriminés avaient été vendus » avant le déclenchement de l’alerte ; le même jour, selon un représentant des autorités, « la quasi-totalité des boites a été retrouvée » ; puis dans son deuxième article (17-01), le Parisien, citait « une source proche du dossier » pour laquelle « Personne ne peut affirmer que tous les lots ont été retirés car leur traçabilité demeure opaque » ; pour sa part, un média local (Nice Rendez-vous, le 17-01) informait que dans le département des Alpes maritimes, les services de sécurité sanitaires, qui avaient vérifié deux centres de distribution, avaient repéré des lots incriminés dans celui de Nice …

C’est dire (une fois de plus) la nécessité, en cas de crise, d’une communication d’emblée claire, cohérente et pédagogique pour le grand public. Pour réussir cela, une seule solution : anticiper. "


Extrait du site internet de MGVM Consultants. Crise de Janvier 2007 et qui reste aussi une crise emblématique.

Quiz : Où est le rôle du Risk Manager?

1/ S'assurer que le contrôle interne est mis en place pour ne pas avoir de la viande impropre à la consommation ne puisse passer
2/ Anticiper ce type d'évènement au cas où et le modélise en scénario avec le QHSE pour gérer cette crise rapidement
3/ S'assurer que le plan de gestion de crise est appliqué correctement, que le plan de communication inclu ne devienne pas de l'improvision et des sources de contradictions à répétition.

C'est déjà pas mal non?

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